Audition de M. Mourad Medelci, ministre des affaires étrangères de la République algérienne démocratique et populaire

Via Scoop.it - Maghreb-Machrek
La séance est ouverte à neuf heures quarante-cinq. M. le président Axel Poniatowski. Nous avons le plaisir et l’honneur d’accueillir M. Mourad Medelci, ministre des affaires étrangères de la République algérienne démocratique et populaire, que je remercie d’avoir accepté notre invitation. Cette audition est l’occasion de faire le point sur nos relations bilatérales. Depuis 2000, elles se caractérisent par un rapprochement, marqué par la relance de la coopération et la construction d’un partenariat d’exception. Nous nous réjouissons que les visites ministérielles se succèdent et que les initiatives fleurissent pour renforcer la coopération – je songe, en particulier, à la mission confiée par le Président de la République à Jean-Pierre Raffarin pour relancer les relations économique. Dans le contexte du « printemps arabe », nous souhaiterions également vous entendre sur les importantes réformes annoncées par le président Abdelaziz Bouteflika en avril et en mai, après la levée de l’état d’urgence au mois de février : la Constitution algérienne doit être révisée en 2012, et plusieurs lois tendant à réformer le fonctionnement des institutions sont en cours d’examen. Pourriez-vous faire le point sur l’avancement de ces réformes et sur l’accueil qui leur est réservé par la population algérienne ? M. Mourad Medelci, ministre des affaires étrangères de la République algérienne démocratique et populaire. Le 20 novembre 2007, vous m’avez fait l’honneur de me convier à une première audition dont je garde un excellent souvenir. Je suis heureux d’être de nouveau ici pour m’entretenir avec vous sur les évolutions enregistrées depuis quatre ans. Je crois que nous serons d’accord pour reconnaître qu’elles sont importantes dans la région méditerranéenne à laquelle l’Algérie et la France appartiennent. Même si l’exercice n’est pas toujours simple, il faut essayer de faire une lecture objective de la situation. Dans un premier temps, je me propose d’aborder les évolutions qu’a connues l’Algérie, avant d’en venir aux relations bilatérales, si importantes pour nos deux pays. Pour ce qui est des réformes, qui sont souvent l’angle sous lequel les observateurs envisagent les évolutions, je constate que votre pays s’est engagé dans une nouvelle étape dont l’objectif est d’améliorer les systèmes de gouvernance, notamment en affermissant les solidarités européennes ; de son côté, l’Algérie a bien changé depuis les années 2000 : de profondes réformes ont été engagées dans des domaines aussi importants que l’école, la justice, l’économie et les finances. Même notre Constitution a connu des évolutions : la plus remarquable d’entre elles a été l’adoption, en 2008, du principe selon lequel la femme doit participer davantage aux assemblées élues. Je vous ai remis, en 2007, un rapport établi dans le cadre du mécanisme africain d’évaluation par les pairs. Depuis cette date, nous avons bien avancé dans l’application du projet d’actions qui avait été annoncé, et nous présenterons un deuxième rapport d’étape lors du prochain sommet de l’Union africaine, qui aura lieu à Addis-Abeba, au mois de janvier prochain. Je me réjouis à l’avance de vous transmettre ce rapport dès qu’il aura été présenté. (…)
Via assemblee-nationale.fr